aureoledescondamnés (2)

 

LES  CRITIQUES, AVIS ET CHRONIQUES : C'est ici !

 

LE PITCH

Une victime au comportement absurde…

Un innocent qui s’accuse…

 

Et un suspect qui prétend détenir le don de percevoir la mort des individus quelques jours avant qu’elle ne se produise…

 

Qui ment ? Qui manipule qui ? En qui avoir confiance ? Lorsque les faits contredisent la raison, faut-il croire en l’impossible ?

 

 

 PRIX ET NOMINATIONS :

               -   Prix Littéraire du Pays Boulageois : Salon Bouq'in de Boulay (57)- juin 2014

 

 

 

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 Prix: 14 euros. Vous pouvez me demander un exemplaire dédicacé.  Les frais d envoi sont en sus (3,50 euros environ)

          4,90 euros en numérique. 

 

 

Un premier extrait :

"Les deux tombes étaient éloignées de plus d’une centaine de mètres. Elles n’avaient rien en commun.

L’une était ouverte et attendait qu’un long serpent noir vienne déposer dans sa gueule sa nourriture éternelle. Il rampait lentement à travers les allées fleuries. A sa tête, six anonymes silencieux portaient le cercueil. Derrière, une veuve éplorée, maintenue par deux hommes en costume sombre, gémissait de manière ininterrompue. Elle était suivie par une centaine de personnes qui fixaient le bout de leurs chaussures cirées. La plupart par recueillement. Quelques-unes parce qu’elles étaient accablées par la peine. Et d’autres pour ne pas perturber la solennité ambiante.

La seconde tombe était refermée depuis plus de dix ans. Une simple croix de bois, penchée par les vents septentrionaux, veillait sur un parterre de graviers. L’homme qui se tenait debout face à elle n’était jamais venu auparavant. A quoi bon ? Les morts n’entendent pas les prières. Ils ne voient pas les fleurs qui jonchent leur dernière demeure. Ils se contentent de pourrir et de régaler les vers !

 S’il avait décidé, malgré tout, de venir aujourd’hui, c’était pour annoncer une nouvelle à la femme couchée sous la terre. Bien sûr, cet acte n’avait aucune pertinence rationnelle. Mais sans pouvoir en comprendre la raison, il lui faisait un bien fou.

Une salve retentit et brisa la quiétude du lieu. L’homme ne tressaillit pas. Il s’était attendu à ce que le flic qu’on enterrait à l’autre bout du cimetière soit honoré par une pétarade ridicule. La connerie humaine revêtait toujours un uniforme quand il s’agissait de tirer en l’air ou d’offrir une putain de médaille au cadavre drapé d’un linceul bleu-blanc-rouge.
Sa mère n’avait eu droit à la présence d’aucun de ces officiels décorés. Et pourquoi seraient-ils venus ? Ces types-là n’étaient pas du genre à reconnaître leurs erreurs et à demander pardon. Si les flics avaient fait leur boulot et entendu ses appels à l’aide, il ne serait certainement pas ici, les baskets baignant dans une flaque boueuse à parler à un fantôme sourd depuis des années.

Jordan Carnot se retourna et cracha un épais mollard dans l’allée du cimetière.

Tu dois être fière de moi, maman, aujourd’hui. Tu peux dormir en paix à présent."

 

Et un deuxième...

 

Habituellement, Laura Maréchal détestait que ce satané réveil la prive de la fin de ses rêves. Mais, ce matin-là, elle lui était reconnaissante d’avoir mis un terme à la scène sordide que son subconscient avait imaginée. Ce qui l’horrifiait le plus lorsqu’elle échappait à ce type de cauchemar n’était pas la peur ou le dégoût qu’elle avait pu ressentir en tant que spectatrice impuissante. C’était le fait qu’elle était également une actrice consentante du scénario malsain écrit par son esprit. Elle se voyait faire des choses répugnantes, comme si un sosie s’amusait à accomplir des actes qu’elle abhorrait.

 

Or, ce n’était pas un sosie qui agissait dans ses rêves, ni même une comédienne qui se serait grimée pour lui ressembler. Elle savait que la femme qui se comportait comme une traînée était une partie d’elle. Le jour, cet aspect de sa personnalité était enfoui au plus profond de son âme, dissimulé sous un amoncellement de valeurs religieuses et morales. Mais la nuit, lorsqu’elle sombrait dans un sommeil profond, il émergeait des méandres de son cerveau pour lui faire mener une vie dissolue.

 

Ce matin, Laura était si révulsée par son rêve qu’elle alla directement sous la douche. Elle se sentait sale et honteuse. Sale d’avoir forniqué avec un violeur d’enfants et honteuse d’avoir aimé ça.

 

Tout en frictionnant son corps avec rudesse, elle se demanda pourquoi ses fantasmes nocturnes consistaient toujours à faire l’amour avec des types détestables.

 

Jérémy Marco était l’ordure la plus abjecte que son boulot de flic lui avait accordé de croiser. Elle avait participé à l’enquête qui avait permis son arrestation et connaissait les détails abominables qui avaient été cachés à la presse. Ce type était une saloperie de la pire espèce. Elle avait été présente lorsque les pédopsychiatres avaient interrogé les petites victimes. Leurs témoignages avaient été si bouleversants qu’elle avait dû prétexter une envie pressante pour s’enfuir aux toilettes et cacher les larmes qui naissaient dans ses yeux. Un flic ne peut pas se permettre de chialer dans l’exercice de ses fonctions !

 

Sa main enveloppée dans le gant de toilette frotta sa peau avec une telle vigueur que ses cuisses, ses seins et son ventre rougirent.

 

Pourquoi lui ? Pourquoi cette pourriture ?

 

Elle pourrait à la limite comprendre ses rêves si Jérémy Marco était un diable pourvu d’un visage d’ange. Mais ce n’était pas le cas. Il mesurait un mètre soixante-cinq pour près de quatre-vingt-dix kilos. À cinquante-cinq ans, il n’avait plus un seul cheveu sur le caillou, et des ridules violettes creusées par l’alcool sillonnaient ses bajoues bouffies.

 

Laura resta plus de trente minutes sous le jet brûlant pour purifier son corps. Une fois le contenu du ballon d’eau chaude épuisé, elle se résigna à sortir de la douche.

 

Elle s’essuya puis s’habilla avec précipitation.

 

Cinq heures moins le quart ! Elle allait être en retard au boulot. Elle partirait une fois de plus sans aucun fard pour cacher ses trente-deux ans. Pour tout petit déjeuner, elle se contenta d’un grand verre d’eau et de deux biscottes.

 

 Pas le temps de les beurrer ! Grouille-toi !

 

Cinq minutes plus tard, elle conduisait sa Polo sans respecter ni les feux ni les limitations de vitesse. Lorsqu’elle gara de travers son véhicule sur le parking du commissariat, son portable se mit à sonner.

 

— Qu’est-ce que tu fous ?

 

— J’arrive. C’est bon, Charly.

 

— Secoue-toi les fesses, ma belle. Encore une gamine qui a disparu.

 

— Merde !

 

— Une fille de notable, en plus. Monsieur est huissier de justice et Madame est la sœur du maire. Le commandant est dans tous ses états.